INTRODUCTION
Le trouble de personnalité limite est de plus en plus fréquent
dans la population en général et il est souvent mal identifié,
ce qui a un impact important chez les gens qui en sont affectés.
La détresse émotionnelle et les difficultés comportementales
associées à ce trouble ont, de plus, des répercussions importantes
sur les proches et les amènent à vivre une variété d'émotions
souvent intenses : découragement, impuissance, colère, angoisse,
peur, etc.
Notre expérience clinique avec les proches a confirmé ces faits
et nous a permis de relever des similitudes dans certains de
leurs besoins.
Le fascicule vise à informer les familles sur le trouble
de personnalité limite, à démystifier certaines croyances
à son sujet et à cibler des attitudes aidantes pour soi et
pour la personne ayant un trouble de personnalité limite.
1. QU'EST-CE QUE LE TROUBLE
DE PERSONNALITÉ LIMITE ?
Le trouble de personnalité limite est l'un des 11 troubles de
la personnalité. Il se caractérise par une instabilité des émotions,
du comportement, de l'image de soi et par des difficultés majeures
dans les relations avec l'entourage. Le trouble apparaît à l'adolescence
ou au début de l'âge adulte et il peut persister au-delà de la
quarantaine. Les personnes atteintes sont moralement souffrantes,
elles ont souvent peu d'espoir de s'en sortir, ce qui se reflète par
des préoccupations suicidaires fréquentes.
2. QUELLES EN SONT LES CAUSES CONNUES ?
Plusieurs facteurs sont associés au développement du trouble
de personnalité limite, notamment : des expériences pénibles
dans l'enfance, des ruptures, des deuils précoces, des agressions
physiques ou psychologiques. D'autres facteurs contribuent
également à développer le trouble : un tempérament impulsif
souvent déjà présent à la naissance, une humeur excessivement
changeante et un milieu familial instable caractérisé par
l'imprévisibilité parentale.
3. COMMENT LE RECONNAÎTRE ?
On reconnaît le trouble de personnalité limite par une humeur
qui peut changer très rapidement et de façon imprévisible, en lien
avec des stresseurs parfois mineurs, l'état émotionnel peut alors
passer d'une bonne humeur à une humeur irritable ou triste.
Les personnes ont du mal à supporter la solitude. Elles ressentent
fréquemment de l'ennui ainsi qu'un grand vide intérieur.
On peut également noter chez elles un manque de contrôle
de la colère. Ce manque de contrôle peut s'exprimer
par de l'irritabilité, des accès de colère ou de la rage.
L'intolérance à la douleur émotionnelle amène ces personnes
à adopter des comportements destructeurs. Elles peuvent
consommer de l'alcool, des drogues ou des médicaments de façon
excessive, s'engager dans des dépenses majeures et inconsidérées,
consommer des aliments de façon excessive, commettre des vols,
avoir des comportements sexuels à risque ou conduire une
automobile de façon dangereuse. Elles peuvent aussi s'infliger
des blessures, exprimer des idées suicidaires ou faire des tentatives de
suicide. Malheureusement, plusieurs de ces personnes se suicident.
Les personnes qui ont un trouble de personnalité limite éprouvent
une grande difficulté à se décrire. L'image qu'elles ont d'elles-mêmes
est fluctuante et il leur est difficile de se projeter dans le futur. Leurs
relations interpersonnelles sont souvent intenses, chaotiques
et marquées par des conflits importants, ce qui entraîne souvent
des sentiments de rejet et d'abandon. Elles réagissent à ces conflits
par du retrait, des revendications, des comportements destructeurs
ou de la rage. Certaines peuvent parfois présenter des pertes brèves
de contact avec elles-mêmes ou avec la réalité.
4. Y A-T-IL BEAUCOUP DE PERSONNES
QUI PEUVENT ÊTRE AFFECTÉES
PAR CE TROUBLE ?
Le trouble de personnalité limite affecte 1 à 2% de la population
générale. 50 % de ces personnes feront des tentatives de suicide
et jusqu'à 10 % de ce nombre se suicideront. En outre, 19 % des
personnes suivies en clinique externe de psychiatrie ont ce trouble.
5. PEUT-ON ESPÉRER UNE AMÉLIORATION
CHEZ CES PERSONNES ?
Des études cliniques démontrent une amélioration significative
de l'état des personnes qui ont un trouble de personnalité limite
après 15 à 20 ans d'instabilité mais, bien avant, si ces dernières
ont bénéficié d'une thérapie active ; d'où l'importance
d'un dépistage précoce et d'un traitement adéquat. Cependant,
il peut arriver que certains symptômes réapparaissent
temporairement si la personne vit des événements difficiles
tels une rupture, un deuil, un échec important, etc.
6. EST-CE QU'IL Y A UN TRAITEMENT ?
Il y a différents types de psychothérapies dont certaines ont
démontré une bonne efficacité. Dans certains cas, un traitement
médicamenteux sera utile pour contrôler certains symptômes,
améliorer les capacités fonctionnelles et optimiser les effets
de la psychothérapie.
On peut aussi envisager l'hospitalisation lors d'une période
de crise suicidaire intense. Toutefois, l'expérience démontre
qu'une hospitalisation brève est préférable, alors qu'une
hospitalisation plus longue renforce le sentiment d'incompétence
à surmonter les difficultés.
7. QUELS SONT LES MYTHES
LES PLUS TENACES SUR LE TROUBLE
DE PERSONNALITÉ LIMITE ?
Mythe : Le trouble de personnalité limite est une maladie
héréditaire.
Réalité : La transmission génétique n'a pas été démontrée
jusqu'à maintenant. Une vulnérabilité biologique comme l'impulsivité
ou l'émotivité accrues, existe chez ces personnes, mais
ce n'est qu'un des facteurs qui peut contribuer au développement
du trouble.
Mythe : Les personnes qui présentent un trouble de personnalité
limite sont manipulatrices et recherchent l'attention de leur entourage.
Réalité : Lorsque confrontées à certaines demandes ou pression, ces
personnes perçoivent les situations avec peu de nuances, " tout est blanc "
ou " tout est noir ". Leur perception du moment est alors fortement
influencée par cet état émotionnel " tout blanc ou tout noir ". On constate
alors une alternance de comportements qui nous apparaissent contradictoires
et qui sont interprétés comme des tentatives de manipulation.
Mythe : Les personnes qui ont un trouble de personnalité limite
sont démunies, sans ressources, sans volonté et incapables
de se débrouiller seule.
Réalité : Ces personnes ont un bon potentiel pour développer
des compétences et sont aptes à prendre leurs responsabilités et à faire
des apprentissages si elles sont appuyées par un environnement (parents
et conjoints) qui favorise l'autonomie et la responsabilité.
8. QUELLES SONT LES ATTITUDES
À PRIVILÉGIER POUR LA FAMILLE
DE SES PERSONNES QUI ONT UN TROUBLE
DE PERSONNALITÉ LIMITE ?
En tout temps, il est conseillé de maintenir une attitude d'adulte
à adulte avec elles. Il est important que les attentes et les limites
soient claires, constantes, prévisibles et justifiables. (Prévisibilité
et constance)
De plus, il est essentiel de responsabiliser ces personnes, en les laissant
prendre leurs décisions et entreprendre elles-mêmes leurs démarches.
On doit également les encourager à persister dans la poursuite de leurs
buts et de leurs objectifs. (Responsabilisation)
De la même façon, il est important de reconnaître les compétences
et les efforts de ces personnes et de les soutenir de façon constante
dans leurs actions. (Validation, support)
9. COMMENT les proches peuvent-ils
mieux composer avec le STRESS
ENGENDRÉ PAR LES SITUATIONS
DE CRISE DES PERSONNES ayant un
trouble de personnalité limite?
En identifiant leurs limites personnelles, en établissant certaines règles
et en acceptant leur impuissance à régler certains problèmes de l'autre.
Les méthodes de détente et de relaxation, la participation à des
activités ou à des loisirs peuvent également être utiles pour gérer
le stress.
Malgré cela, le recours à une aide professionnelle peut parfois s'avérer
nécessaire.
10.QUELLES RESSOURCES PEUVENT AIDER
ACTUELLEMENT LES FAMILLES
EN DIFFICULTÉ ?
Centre de traitement Le Faubourg Saint-Jean
Téléphone : (418) 648-6166 - Télécopieur : (418) 648-6227 - Internet :
http//www.rgiffard.qc.ca