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Mode de pensée

Inspirée de l'approche dialectique comportementale de Linehan : la centration (mindfulness) : il s'agit d'aider la cliente à avoir accès à sa sagesse intérieure (wise-mind), à développer des habiletés d'observation, de description et de participation sans porter de jugement tout en ayant comme objectif l'efficacité et non ce qu'il " faudrait " faire.
Sommaire

  • Tableau 1 : Trois concepts utilisées : émotionnelle, rationnelle, intégré
  • Tableau 2 : Les distortions cognitives courantes
  • Tableau 3 : Résistance aux changements
  • Tableau 4 : Étapes de la prise de contrôle de nos pensées
  • Tableau 5 : Prendre conscience de son mode de pensée : Comment les appliquer ?
  • Tableau 6 : Clivage (graphique)
  • Tableau 7 : Quelques données

  • TABLEAU 1 :
    TROIS CONCEPTS UTILISÉS :

    1. Pensée émotionnelle
    2. Pensée rationnelle
    3. Pensée intégrée
    1. Pensée émotionnelle (rouge - chaude)

    Basée sur le senti; ce que l'on sent; c'est une pensée intuitive, émotive. La personne est contrôlée par ses émotions. Il y aura anxiété et angoisse si la pensée émotionnelle n'est pas modifiée en pensée intégrée. La pensée émotionnelle peut entraîner des distortions de la réalité car la réalité s'adapte à l'intensité émotive. Donc, plus la pensée émotionnelle sera intense, plus les distortions* (voir cadre) seront présentes.

    N.B. Chez les personnes aux prise avec le trouble de la personnalité limite (borderline), la pensée émotionnelle est dominante à ce moment; souvent les mécanismes de l'attention sont diminués.

    La pensée émotionnelle est basée sur :

  • Les émotions
  • Les sentiments
  • L'intuition
  • * DISTORSIONS COGNITIVES

    Déformation inconsciente de la réalité. Elle s'exprime sous forme d'interprétations et de prévisions négatives concernant les événements de tous les jours.

    1. Le tout ou rien
    2. La généralisation à outrance
    3. Le filtre
    4. Le rejet du positif
    5. La lecture de la pensée
    6. La prévision de l'avenir
    7. La dramatisation
    8. La minimisation
    9. Le raisonnement émotif
    10. Les énoncés "je devrais", "il faudrait", etc.
    11. L'étiquetage
    12. La personnalitsation
    Voir aussi : Tableau 2 : Les distortions cognitives courantes

    2. Pensée rationnelle

    C'est une logique, raisonnable, c'est une analyse. On se base sur les faits, l'observation, la réflexion et non sur les émotions. On fait appel à l'intelligence. On regarde la situation avec logique.

    La pensée rationnelle est basée sur :

  • La logique
  • L'analyse (aucune conclusion hâtive)
  • Les faits (démontrés, prouvés, évalués)
  • 3. Pensée intégré

    Analyse GLOBALE des faits.

    Source : Notes tirées du groupe psychoéducatif "Mode de pensée" par le Dr Évens Villeneuve du Centre de traitement Le Faubourg Saint-Jean, Québec

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    TABLEAU 2 :
    LES DISTORSIONS COGNITIVES COURANTES

    Le tout-ou-rien
    ou la pensée dichotomique :

    Les situations sont perçues à partir de catégories mutuellement exclusies sans aucune nuance entre les deux (pas de zones grises).

    Exemple : Croire que quelqu'un a, soit réussi, soit vécu un échec et que tout ce qui n'est pas encore une performance parfaite est un échec total.


    La sur-généralisation
    ou la généralisation à outrance :

    Un événement particulier est perçu comme étant caractéristique de la vie en général plutôt que d'être un fait quelconque parmi d'autres.

    Exemple : Conclure qu'une remarque désagréable de la part du conjoint prouve que ce dernier ne se préoccupe pas de nous malgré le fait qu'il démontre de la considération à d'autres occasions.


    Le filtre
    ou l'abstraction sélective :

    Un aspect (négatif) d'un situation complexe devient le centre d'attention alors que d'autres facettes de cette même situation sont ignorées.

    Exemple : Se préoccuper exclusivement d'un commentaire négatif sur notre performance au travail en ne tenant pas compte des commentaires positifs. Attention exclusive aux éléments menaçants d'une situation et ignorance du contexte.


    Le rejet du positif :

    Les expériences positives qui entrent en conflit avec les attentes négatives sont disqualifiées par le fait de dire qu'elles n'ont pas d'importance, qu'elles ne compte pas.

    Exemple : Ne pas croire les commentaires positifs d'amis ou de collègues de travail en disant : "Ils disent cela seulement pour être gentils."


    La lecture de pensée
    ou l'interprétation indue :

    La personne assume que les autres réagissent négativement sans évidence que cela soit le cas.

    Exemple : Penser : "Je suis certain qu'il croit que je suis idiot" malgré le fait objectif que l'autre personne se comporte correctement.


    La prévision de l'avenir :

    La personne se comporte comme si ses appréhensions par rapport à des éléments futurs sont des faits objectivement établis.

    Exemple : Penser : "Il va me laisser, je le sais" tout en agissant comme si cela était définitivement vrai.


    FACTEURS DE VULNÉRABILITÉ QUI CONTRIBUENT AU STRESS ET À LA PENSÉE ÉMOTIONNELLE.
  • Maladie
  • Syndrome prémenstruel
  • Drogue
  • Alcool
  • Médicaments
  • Fatigue
  • Insomnie
  • Hypersomnie
  • Mauvaise alimentation (anorexie, boulémie)
  • Stress environnementaux
  • Isolement social
  • Tensions interpersonnelles
  • Misère sociale.
  • Source : Notes tirées du groupe psychoéducatif "Mode de pensée" par le Dr Évens Villeneuve du Centre de traitement Le Faubourg Saint-Jean, Québec.

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    TABLEAU 3 :
    RÉSISTANCE AUX CHANGEMENTS

    La résistance aux changements peut se traduire par des oublis, par le maintien du statu quo. Le stau quo est rassurant tandis que le changement implique que l'on doit abandonner des choses.


    JUGEMENTS

    Définitions

    C'est un raccourci, une opinion rapide que l'on se fait d'une chose, d'une personne, de soi ou d'une situation; c'est une comparaison à un standard idéalisé. C'est une valeur, une estimation que l'on se donne à soi, à quelqu'un ou à quelque chose.

    § Les jugements sont pris pour des faits. Ce sont des roches dans l'engrenage.

    § Pensée dichotomique (comparaison à un standard idéalisé; tout ou rien)

    La pensée dichotomique est très fréquente chez les personnes aux prise avec le trouble de la personnalité limite (borderline). Celle-ci origine peut-être de demandes non-entendues par le parent pour diverses raisons; l'enfant doit aller dans les extrêmes (grande intensité) pour être entendu. Les réponses du parent ne sont pas syntones avec l'enfant à il développe la pensée dichotomique - en plus d'une tendance biologique innée d'être plus intense dans ses émotions.

    § Les jugements mettent dans une situation d'impuissance et enlève toute possibilité d'agir, de modifier la situation. Ils déresponsabilisent. Tout est vécu comme s'il n'y avait que deux (2) possibilités.

    Exemple : "La vie ne vaut pas la peine d'être vécue (donc, je ne fais rien pour la rendre plus agréable. Je la subis).


    EXEMPLES DE JUGEMENTS

    § "La vie est cruelle"

    Nuancer : Dans la vie il y a des moments difficiles vécus comme cruels.


    § "Le bilan de ma vie est toujours négatif: 60 mauvaises nouvelles VS 1 bonne !"
    Dans les 60 nouvelles "perçues" comme mauvaises (doute)

    Nuancer :
  • Choses très plates
  • Choses moyennement plates
  • Choses un peu plates
  • À confronter avec :
  • Certaines responsabilités (s'approprier le changement)…
  • Nos jugements cachés … qui entraîne l'inertie, la démission (VS se remettre en action et s'investir).

  • § "Le cours est plate, je ne l'ai pas ce matin"
  • Me responsabiliser : mal de tête
  • Me répéter
  • Moins de participants
  • Pas d'énergie dans le groupe
  • Participation faible
  • Température du local
  • Pression du groupe
  • Résistance au changement "oubli"
  • Note : C'est le clivage qui fait que l'on a une pensée dichotomique.


    COMMENT DÉFAIRE UN JUGEMENT ? :

  • Décrire, analyser, nuancer.
  • Il faut DIRE ce qui se passe dans la réalité. Il faut exprimer son vécu : sentiments, pensées, comportements, conditions entourants l'événement, mettre des mots sur ce qui se passe et ainsi, on se responsabilise.
    On doit retarder le plus possible le jugement qui enferme et paralyse. Pour ce faire, on doit dégager, décortiquer le plus possible toutes les informations qu'on par rapport à ce sur quoi repose le jugement.
  • Pour aller chercher des faits, il faut s'observer et se demander, par exemples : "Depuis quand est-ce que je me sens ainsi ?" (heure, raisons, circonstance...), "Quand on me dit tel chose ... je réagis comment ? Pourquoi ?"
  • Devant un état intense de détresse, il est nécessaire d'identifier ce qui se passe, par étape :
    1. Ne pas agir (pas de passage à l'acte : acting out)
    2. Penser aux autres alternatives possible (comportements appropriés)
    3. Désirer vraiment le changement (découvrir les avantages)
    4. Tolérer la souffrance (qui ne dure qu'un certain temps et s'atténue)
  • Source : Notes tirées du groupe psychoéducatif "Mode de pensée" par le Dr Évens Villeneuve du Centre de traitement Le Faubourg Saint-Jean, Québec

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    TABLEAU 4 :
    ÉTAPES DE LA PRISE DE CONTRÔLE DE NOS PENSÉES

    1- OBSERVER

  • Prendre du recul, se mettre au dessus de soi et s'observer;
  • Sentir et expérimenter ce qui se passe en soi (observer ses pensées - ce que l'on voit - comment on se sent);
  • Ne pas essayer de contrôler ou empêcher une pensée de monter (accueillir l'information, aller la chercher, ne pas fuir).
  • Faire la prise de conscience de l'émotion donne du pouvoir pour travailler, donne du recul, augmente nos compétences.

    Au lieu de penser : "Je veux mourir ", "Je suis triste", "Je ne vaut rien" …
    Faire un recul, en formulant votre pensée ainsi : "J'ai l'idée de mourir", "J'ai la pensée d'être triste", "Je pense que je ne vaut rien" …


    2- DÉCRIRE
  • Mettre des mots, une étiquette sur ce que je ressens, sur ce qui se passe.
  • Décrire est différent qu'un jugement.
  • Exemples : sensation physique, sentiments ,,,
    Ramasser des faits jusqu'au maximum du niveau de conscience, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de réponses à trouver; faire tout le tour des questions : "Pourquoi ? Éléments déclencheurs ? Depuis quand ?…"

    3- PARTICIPER

  • Vous impliquer pleinement dans cette démarche : Ouvrir des perspectives dans l'objectif du changement.
  • Être vrai et objectif : Démarche personnelle et honnête.
  • Être actif à :
    - Changer les expériences nuisibles;
    - Changer vos réactions nuisibles;
    - Apprendre à vous respecter ou à respecter la situation comme elle est :
    Ne pas passer à l'acte, tolérer, accepter.
  • Avoir la volonté réelle (le désir) de changer.
  • S'accepter avec humilité tel que l'on est.

  • PRENDRE CONSCIENCE DE SON MODE DE PENSÉE : "QUELLES HABILITÉS"

    OBSERVER

  • PRENDRE CONSCIENCE DE VOTRE MODE DE PENSÉE SAGE. Sans se laisser prendre par l'expérience, sans réagir.
  • Avoir une "ATTITUDE TÉFLON", en laissant les expériences, les émotions et les pensées venir à notre esprit.
  • ÊTRE ATTENTIF à l'expérience tout en éloignant ce qui ne la concerne pas.
  • Être vigilant à toutes vos pensées, vos émotions et vos actions qui surgissent naturellement à votre esprit comme un gardien à la porte d'un palais.
  • Chercher en vous et observer vos pensées, aller et venir comme des nuages dans le ciel, vos émotions comme des vagues dans l'océan.
  • Prendre conscience de ce qui provient par vos SENS (vos yeux, oreilles, nez, peau, langue). Observer les gestes et expressions des autres. "Respirer l'odeur des roses".

  • DÉCRIRE
  • METTRE VOTRE VÉCU EN MOTS. Prendre connaissance de vos émotions, de vos pensées ou des actions qui viennent à votre esprit et transformez-les en mots. Exemples : Dites-vous "Je me sens triste" ou "Mes muscles sont tendus" ou "Je pense que je ne suis pas capable" ou "Je marche un pas à la fois".
  • Verbaliser votre vécu en décrivant ce qui se passe. Nommer la pensée comme une pensée, l'émotion comme une émotion sans vous laisser prendre par le contenu.

  • PARTICIPER
  • Pénétrer vos pensées tout en devenant UN avec votre expérience. Concentrer le moment présent en oubliant ce qui ne la concerne pas.
  • Suivre intuitivement le sens de vos pensées en agissant dans la situation présente un peu comme un danseur qui se préoccupe de sa partenaire et de la musique.
  • PRATIQUER activement ces habilités jusqu'à temps qu'elles deviennent naturelles pour vous.
  • ÊTRE ACTIF À :
    1- Changer les expériences nuisibles;
    2- Changer vos réactions nuisibles;
    3- Apprendre à vous respecter ou à respecter la situation comme elle est.

  • Source : Notes tirées du groupe psychoéducatif "Mode de pensée" par le Dr Évens Villeneuve du Centre de traitement Le Faubourg Saint-Jean, Québec

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    TABLEAU 5 :
    PRENDRE CONSCIENCE DE SON MODE DE PENSÉE : "COMMENT FAIRE ?"

    NE PAS JUGER

  • REGARDEZ MAIS N'ÉVALUEZ PAS. Adoptez une attitude de non-jugement. Regardez juste les faits sans prendre position sur le " bon ou mauvais ", le " terrible ou merveilleux ", sur ce que vous " pourrez ou ne pourrez pas ".
  • ACCEPTEZ chaque moment, chaque événement comme allant de soi.
  • RECONNAISSEZ la bonté, pureté sans la juger. Reconnaissez les malfaisants, malhonnêtes sans les juger.

  • MODE DE PENSÉE
  • UNE CHOSE À LA FOIS. Quand vous mangez, mangez! Quand vous marchez, marchez ! Quand vous vous baignez, baignez-vous! Quand vous travaillez, travaillez! Quand vous êtes en groupe ou dans une conversation, orientez votre attention sur le moment présent (Ici et maintenant).
  • Si d'autres actions, pensées ou mauvais sentiments vous distraient, LAISSEZ SES DISTRACTIONS et retournez à vos occupations encore, encore et encore.
  • CONCENTREZ votre pensée. Si vous trouvez que vous avez à faire deux choses en même temps, arrêtez et choisissez-en une et faites l'autre après.

  • EFFICACEMENT
  • PRIORISEZ VOTRE OCCUPATION. Faites ce que vous avez à faire dans chaque situation. Ne critiquez pas.
  • JOUEZ en tenant compte des règles de la vie.
  • Agissez de manières aussi HABILES que vous le pouvez. Répondez aux besoins de la situation telle quelle; pas dans une situation que vous auriez désirée ; pas dans une situation juste pour vous; pas dans une situation où vous êtes plus confortable.
  • GARDEZ les yeux sur vos objectifs et faites le nécessaire pour les atteindre.
  • LAISSEZ la vengeance, la colère et la vérité blessante et mettez de côté ce qui pourrait nuire à votre efficacité.

  • Source : Notes tirées du groupe psychoéducatif "Mode de pensée" par le Dr Évens Villeneuve du Centre de traitement Le Faubourg Saint-Jean, Québec

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